Mise sous tutelle d’un parent : La FAQ complète

par | 18 Jan 2026 | FAQ

« Mon père commence à perdre la mémoire et a signé des chèques suspects. »

« Ma mère souffre d’Alzheimer et n’est plus capable de gérer ses comptes, mais mon frère s’oppose à toute intervention. »

« Comment protéger mes parents sans avoir l’impression de les trahir ? »

Ces situations, nous les rencontrons chaque semaine au sein de notre cabinet d’avocats en droit de la famille et Pénal de la famille à Paris.

Voir un parent perdre son autonomie est une épreuve bouleversante. Au-delà de la tristesse liée à la maladie ou au grand âge, c’est souvent l’inversion des rôles qui déstabilise : l’enfant doit devenir le protecteur de son propre parent.

La mise sous tutelle d’un parent est donc une décision lourde, parfois prise dans l’urgence face à une dégradation de l’état de santé ou une mise en danger financière. Mais c’est aussi, malheureusement, un terrain fertile pour le conflit familial. Entre culpabilité, abus, désaccords au sein de la fratrie et refus du parent âgé, la procédure peut vite devenir un parcours du combattant.

Pourtant, cette mesure de protection juridique est parfois l’unique rempart pour sécuriser le patrimoine et la dignité d’une personne âgée ou du majeur vulnérable.

Parce que vous vous posez mille questions sur les démarches d’une tutelle, les coûts ou le rôle du juge, nous avons réuni dans cette FAQ complète toutes les réponses juridiques pour vous guider sereinement dans cette étape délicate.

i 3 Sommaire

Mise sous tutelle d’un parent : choisir la bonne mesure de protection

Avant d’entamer la moindre démarche au tribunal judiciaire, vous devez vous poser cette question : Est-ce que la tutelle est vraiment la meilleure mesure adaptée ?

C’est la forme de protection la plus lourde du Code civil.

En tant qu’avocats des affaires familiales, nous vérifions toujours si une option moins contraignante ne suffit pas à protéger vos proches.

Qu'est-ce que la tutelle d'un majeur ?

La mise sous tutelle d’un parent majeur est une mesure de protection juridique stricte. Elle concerne les personnes dont les facultés mentales ou physiques sont altérées de manière importante (stade avancé de la maladie d’Alzheimer, perte d’autonomie totale, autisme…).

Contrairement à la mise en place d’une curatelle, qui est une simple assistance ; la tutelle est une mesure de représentation.

Concrètement : Votre parent perd sa capacité juridique pour la quasi-totalité des actes de la vie civile. Il ne peut plus gérer son compte bancaire, vendre un bien ou signer un contrat seul. 

C’est son tuteur légal qui agit à sa place sous le contrôle strict du juge.

Comment éviter de mettre une personne sous tutelle ?

Si la mise sous protection est nécessaire, la lourdeur de la tutelle n’est pas une fatalité.

Aujourd’hui, nous pouvons orienter les familles vers l’habilitation familiale. C’est une alternative plus souple, plus moderne, qui permet à un proche de représenter le parent sans avoir à rendre des comptes au tribunal chaque année.

Attention : L’habilitation exige un consensus total des membres de la famille. Si un frère ou une sœur s’oppose, le juge refusera cette voie simplifiée. 

C’est souvent là que notre rôle d’avocat est décisif pour pacifier les échanges ou, à défaut, vous orienter vers la tutelle classique.

Puis-je refuser d'être sous tutelle ? Les droits du majeur protégé

C’est souvent l’angoisse des enfants : « Mon père refuse d’admettre qu’il perd la tête, il va m’en vouloir ».

Juridiquement, le refus de la personne à protéger est écouté par le juge, mais il ne bloque pas la procédure de tutelle si l’urgence médicale est avérée.

Le juge se base avant tout sur le certificat médical circonstancié d’un médecin agréé. Si ce document prouve que votre parent se met en danger, la mise sous tutelle sera prononcée pour sa sécurité, même contre son gré. 

Dans ce contexte tendu, l’avocat est là pour garantir que la mesure reste proportionnée et respectueuse de sa dignité.

Vous vous sentez dépassé par la situation ?

Notre avocate vous accompagne, vous conseille sur la mesure la plus adaptée et défend les intérêts de votre famille.

La procédure : Comment mettre un parent sous tutelle ?

Mettre un proche sous protection n’est pas une formalité administrative banale. C’est une intrusion dans sa vie privée que la justice encadre strictement. 

Afin d’éviter un rejet immédiat de votre demande, l’envoi d’un simple formulaire de mise sous tutelle ne suffit pas : vous devez présenter un dossier solide.

Qui peut demander la mise sous tutelle d'un parent ?

En tant qu’enfant, vous êtes évidemment légitime pour agir. Mais la loi est plus large : le conjoint, les frères et sœurs, ou toute personne entretenant des liens étroits et stables peuvent saisir le juge.

Notre conseil : Si la famille est unie, une requête commune a plus de poids

Si personne n’agit alors qu’il y a danger, le procureur de la République peut aussi être saisi, notamment par un signalement des services sociaux ou médicaux.

Quelles sont les démarches à faire pour mettre une personne sous tutelle ?

Ne perdez pas de temps à demander une attestation à son médecin traitant : elle sera refusée.

La pièce maîtresse exigée par la loi est le certificat médical circonstancié, rédigé exclusivement par un médecin expert inscrit sur une liste spéciale (disponible au tribunal).

Quel est le coût d'une mise sous tutelle ?

Le coût à prévoir est de 192 € TTC (tarif réglementé 2025). C’est un montant fixe à la charge de votre parent, non remboursé.

Une fois ce document en main, nous rédigeons avec vous la requête au greffe, en y joignant les pièces d’identité et un descriptif précis du patrimoine à protéger.

Comment se déroule la procédure d'ouverture d'une mise sous tutelle d'un majeur ?

Une fois le dossier déposé auprès du juge, celui-ci ouvrira une phase d’instruction. Ce n’est pas automatique : il mène son enquête. Il peut demander des renseignements complémentaires aux banques ou aux médecins.

L’étape cruciale est l’audition : le juge doit rencontrer votre parent (sauf si le médecin a certifié que son état ne le permettait pas) pour se faire sa propre opinion. Il peut aussi convoquer l’entourage pour comprendre le contexte familial.

Qui prend la décision finale ?

C’est le juge des contentieux de la protection (JCP), anciennement appelé juge des tutelles.

Il a le pouvoir de :

  • Prononcer la tutelle.
  • Choisir une mesure plus légère (curatelle) s’il estime que la tutelle est disproportionnée.
  • Désigner le tuteur : il privilégie toujours la famille, sauf en cas de conflit grave (nous y reviendrons).

Quelles sont les questions que pose le juge des tutelles ?

C’est l’angoisse de nombreuses familles : Que va-t-il lui demander ?

L’objectif du juge est de vérifier l’orientation dans le temps et l’espace de votre parent et sa capacité à gérer l’argent de manière lucide.

Les questions classiques sont :

  • « Savez-vous quel jour nous sommes ? »
  • « Connaissez-vous le montant de vos revenus ? »
  • « Savez-vous pourquoi vous êtes ici ? »

    Notre mission : En tant qu’avocats, nous vous préparons à cette audition pour éviter que le stress ne pénalise votre parent ou ne fausse la perception du juge.

    Quel est le délai pour une mise sous tutelle ?

    Il faut être réaliste : une procédure de protection nécessite un temps d’instruction incompressible. Les délais varient d’un tribunal à l’autre, mais prévoyez en moyenne entre 6 mois et un an.

    Sachez toutefois que la loi impose au juge de rendre sa décision dans un délai maximum d’un an après le dépôt de votre dossier.

    Vous faites face à un cas d’urgence absolue ?

    Si les comptes sont vidés ou que votre parent est en danger immédiat, nous pouvons demander au juge une mesure provisoire de sauvegarde de justice. Elle peut être obtenue beaucoup plus rapidement pour bloquer les comptes en attendant la tutelle.

    Conflit familial et désaccord : Le rôle décisif de l’avocat

    C’est la réalité de nombreux dossiers : la mise sous protection juridique d’un parent réveille souvent des tensions anciennes au sein de la fratrie ou suscite l’opposition frontale du parent concerné. Dans ces situations, la procédure administrative devient un combat judiciaire.

    Est-il possible de mettre une personne majeure sous tutelle sans son accord ?

    La réponse est oui, si son état de santé l’exige.

    Le refus de votre parent est compréhensible (peur de perdre son autonomie), mais le juge aux tutelles tranche en fonction de l’intérêt de la personne, pas de ses désirs. Si le certificat médical prouve qu’il se met en danger, la mesure sera prononcée.

    Ici, l’assistance de notre cabinet L.A. AVOCATS aide à favoriser l’acceptation de cette décision et préserver l’équilibre familial. Notre rôle est d’apaiser le dialogue, sécuriser la procédure et d’assurer au juge que la mesure sollicitée demeure strictement adaptée aux besoins réels de votre proche.

    Conflit familial pour la mise sous tutelle : comment réagir ?

    Cas classique : le conflit familial autour de la tutelle.

    Exemple de mésentente au sein de la fratrie : Un frère souhaite obtenir la tutelle, mais l’autre s’y oppose, craignant qu’il cherche à s’approprier le patrimoine.

    Face à cette situation de discorde familiale, le juge dispose de deux possibilités :

    1. La désignation d'un tuteur professionnel (MJPM)

    Pour le juge, nommer un mandataire judiciaire à la protection des majeurs est la solution qui assure la tranquillité. Cependant, cette option engendre des frais pour la personne protégée et retire à la famille le pouvoir de gestion.

    2. Trancher en faveur de l'un des enfants

    C’est souvent la solution préférée des familles, mais la plus difficile à obtenir en cas de conflit. Pour que le juge vous choisisse malgré l’opposition de vos frères et sœurs, vous devrez prouver votre rigueur absolue et votre impartialité.

    Notre rôle : Nous vous aidons à construire un dossier irréprochable pour démontrer au juge que vous êtes le candidat le plus apte à protéger les intérêts moraux et financiers de votre parent.

    Comment contester une demande de mise sous tutelle ?

    Vous estimez que votre parent a toute sa tête et qu’il est victime d’une manœuvre abusive d’un proche ? Vous acceptez une mesure de protection, mais refusez catégoriquement le tuteur désigné?

    Sachez que vous avez le droit de vous opposer à la procédure de mise sous tutelle de votre parent. 

    Pour contester efficacement, il faut contre-attaquer avec des éléments concrets :

    • Apporter des témoignages de l’entourage sur la lucidité de votre parent.
    • Prouver que ses comptes sont bien tenus (relevés bancaires à l’appui).
    • Solliciter, si nécessaire, une contre-expertise médicale.

    C’est une procédure contentieuse où l’assistance d’un avocat est vivement recommandée pour structurer votre argumentation juridique et porter votre voix lors de l’audience.

    Quel avocat choisir pour une mise sous tutelle ? Les critères de l’expert juridique

    Le choix de votre conseil est stratégique. Ne confiez pas ce dossier au hasard : la matière est complexe car elle touche à la fois à l’intime, au patrimoine et parfois à la sécurité des personnes.

    Il est donc indispensable de faire appel à un avocat qui maîtrise une triple compétence :

    1. Le droit de la famille : Pour comprendre les dynamiques humaines et gérer les conflits de fratrie avec psychologie.
    2. Le droit patrimonial : Pour sécuriser les biens et empêcher toute dilapidation du patrimoine de votre parent.
    3. Le droit pénal de la famille : C’est un atout crucial si vous suspectez des manœuvres frauduleuses. Nous sommes aptes à identifier et poursuivre les infractions telles que l’abus de faiblesse ou le détournement de fonds.

    Au sein du cabinet de Maître Leïla Aïssaoui, nous combinons ces expertises pour vous offrir une défense complète : humaine dans l’approche, mais redoutable juridiquement pour protéger les intérêts de votre famille.

    Les conséquences et le quotidien : Argent et Logement

    Une fois le jugement prononcé, la vie quotidienne change. La protection est efficace, mais elle impose des contraintes strictes qu’il faut bien anticiper.

    Où va l'argent d'une personne sous tutelle ?

    C’est une crainte fréquente : l’argent ne disparaît pas et ne devient surtout pas la propriété du tuteur ! L’argent reste sur les comptes bancaires de votre parent. 

    A compter de la mise sous tutelle d’un parent, son autonomie financière est stoppée :

    • Les comptes sont bloqués : Votre parent ne peut plus utiliser son chéquier ou sa carte bancaire librement.
    • La gestion par le tuteur : C’est le tuteur désigné qui perçoit les revenus (pensions de retraite, loyers…) et règle les dépenses (factures, maison de retraite) via un compte de gestion spécifique ouvert au nom de la personne protégée.

    Le contrôle : Chaque année, le tuteur doit remettre un compte de gestion annuel au greffier du tribunal (ou à un subrogé tuteur) pour justifier chaque euro dépensé.

    Quels sont les inconvénients d'une mise sous tutelle ?

    Si la tutelle protège, elle est aussi la mesure la plus privative de libertés. Il faut en avoir conscience avant de la demander :

    • La perte d’autonomie : Votre parent ne peut plus passer d’actes seul (signer un bail, faire une donation, vendre un bien). Il a besoin de son tuteur pour tout acte civil important.
    • La lourdeur administrative : Pour le tuteur familial, c’est une charge de travail conséquente. Il faut demander l’autorisation au Juge pour les actes de disposition (placer de l’argent, vendre un bien immobilier) et tenir une comptabilité rigoureuse.
    • Le ressenti psychologique : La mesure peut être vécue comme une infantilisation douloureuse par la personne âgée.

    Le tuteur peut-il vendre le logement du parent ?

    La réponse est NON, il ne peut absolument pas le faire seul.

    Le domicile et ses biens meubles bénéficient d’une protection renforcée par la loi, même si votre parent a dû partir en maison de retraite (EHPAD).

    Pour vendre la maison ou résilier le bail de location, le tuteur doit impérativement obtenir l’autorisation du juge.

    De plus, le juge exigera souvent un avis médical confirmant que le retour au domicile est impossible, afin d’éviter que la personne ne soit privée de son « chez-soi » trop hâtivement.

    Coûts et honoraires : La transparence

    L’argent ne doit pas rester un sujet tabou. Une procédure de protection engendre des frais, et il est important de savoir dès le départ qui devra les assumer.

    Quel est le coût total de mise sous tutelle d'un parent ?

    Qui paie les frais d’une personne sous tutelle ?

    La réponse est simple : la mesure de protection est mise en place dans l’intérêt de la personne protégée. C’est donc à elle, sur son patrimoine et ses revenus, d’assumer les frais liés à la mesure, et non à ses enfants ou à l’État.

    Cela comprend :

    • Le coût du certificat médical initial.
    • Les frais de procédure (avocat, huissier si nécessaire).

    Si un tuteur professionnel (mandataire judiciaire) est nommé (faute de famille disponible ou en cas de conflit), sa rémunération est prélevée chaque mois sur les revenus de votre parent. Ce montant est calculé selon un barème légal proportionnel à ses ressources.

    Quel est le tarif moyen d'un avocat pour cette procédure de tutelle ?

    La transparence est un principe fondamental au sein du cabinet L.A. AVOCATS.

    Il est difficile de donner un prix unique car chaque dossier est différent : une demande consensuelle portée par toute la famille présente une complexité juridique différente et requiert des diligences différentes qu’un dossier miné par des conflits familiaux nécessitant plusieurs audiences.

    Notre engagement : une clarté totale envers nos clients. Dès le premier rendez-vous, nous établissons un devis écrit et détaillé. Pas de mauvaise surprise grâce à votre convention d’honoraires détaillée.

    Ce document écrit, obligatoire, fixe précisément le coût de notre intervention et les modalités de règlement. Vous avez ainsi la garantie d’une maîtrise parfaite de votre budget, sans aucune mauvaise surprise en cours de procédure.

    Ne restez pas seul face à la complexité de la situation

    Face à une réalité, souvent brutale, de la mise sous tutelle d’un parent, ne restez pas isolés !

    Nous comprenons la charge qui pèse sur vos épaules : vous êtes désormais confrontés à l’obligation de prendre des décisions sensibles pour la sécurité, le bien-être et la gestion du patrimoine de ceux qui vous sont chers.

    Protéger un parent vulnérable est un acte d’amour et de responsabilité, mais c’est aussi un parcours juridique semé d’embûches techniques et émotionnelles.

    Que ce soit pour initier la démarche, apaiser un conflit familial ou sécuriser les biens de vos proches, vous avez besoin d’un allié de confiance.

    Vous souhaitez protéger un proche ou contester une mesure ?

    Le cabinet Leïla Aïssaoui, experte en droit de la famille et du patrimoine à Paris, vous accompagne avec bienveillance et rigueur à chaque étape de la procédure.